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Itinéraire voyage solo en Islande : le guide ultime pour se lancer

Un itinéraire solo en Islande ne rate presque jamais à cause du parcours, mais de la logistique : budget réel, saisonnalité piège, autonomie. Voici ce que 10 jours sur le Ring Road m'ont vraiment coûté.

Itinéraire voyage solo en Islande : le guide ultime pour se lancer

Il y a une question qu'on me pose à chaque fois que je mentionne l'Islande : « mais tu ne t'es pas senti seul ? » Franchement, non. Ce qui m'a posé problème, c'était autre chose. Le prix du litre d'essence à la pompe de Vík. La première fois que j'ai fait le tour de l'île en solo, j'avais budgété 1 800 € pour dix jours. J'en ai dépensé 2 740. Le deuxième voyage, j'ai corrigé le tir — et j'ai compris que l'itinéraire voyage solo en Islande ne se rate presque jamais à cause du parcours. Il se rate à cause de la logistique que personne ne vous explique avant de partir.

Voici ce que j'ai appris, chiffres en main, avec les erreurs que j'ai commises et celles que vous pouvez éviter.

Points clés à retenir

  • Comptez 2 200 à 2 900 € pour 10 jours en solo avec voiture de location, hors vols long-courriers.
  • La pire période n'est ni l'hiver ni l'été : c'est novembre et la première quinzaine de mars, quand les routes F sont fermées et les jours trop courts pour rouler sereinement.
  • 10 jours est le minimum viable pour le Ring Road sans courir. 7 jours, c'est un sprint.
  • Sans voiture, c'est possible — mais seulement sur la côte sud et avec des excursions guidées qui doublent le budget transport.
  • Le 112 fonctionne, mais sur certaines pistes des Highlands vous n'aurez aucun signal pendant des heures. Prévoyez autre chose.

Un itinéraire solo en Islande sur 10 jours, sans se mentir sur le rythme

La plupart des itinéraires que vous trouverez en ligne sont écrits pour des couples qui se relaient au volant. En solo, vous conduisez tout le temps. C'est le facteur que j'avais complètement sous-estimé lors de mon premier passage.

Le tracé, jour par jour

Mon tracé de référence, celui que je refais sans hésiter :

  1. Jours 1-2 — Reykjavík puis le Cercle d'Or. Þingvellir, Geysir, Gullfoss. Classique, mais nécessaire.
  2. Jour 3 — Côte sud : Seljalandsfoss, Skógafoss, plage de Reynisfjara. Attention aux vagues, elles tuent chaque année.
  3. Jour 4 — Vík vers Höfn. Le tronçon le plus photogénique du pays, et le plus long à rouler.
  4. Jour 5 — Fjords de l'Est. Routes sinueuses, tunnels, villages de trois maisons. Prévoyez large.
  5. Jour 6 — Mývatn et les zones géothermiques du nord.
  6. Jour 7 — Akureyri, la « capitale du nord ». Première vraie ville depuis Reykjavík.
  7. Jour 8 — Péninsule de Snæfellsnes.
  8. Jours 9-10 — Retour vers Reykjavík, avec une journée tampon.

Cette journée tampon, je l'ai ajoutée après avoir failli rater mon vol. Une tempête de sable sur la route 1 m'avait bloqué six heures près de Kirkjubæjarklaustur. En Islande, la météo ne négocie pas.

Pourquoi le rythme compte plus que la distance

Le Ring Road fait environ 1 330 km. Sur le papier, ça se fait en quatre jours. Dans la réalité, la vitesse moyenne tombe souvent sous les 70 km/h dès qu'on quitte les grands axes. Routes à une voie, gravier, moutons qui traversent sans prévenir.

Et puis il y a les arrêts. On s'arrête tous les vingt minutes au début. C'est normal. C'est même le but du voyage.

Quel budget prévoir pour 10 jours en Islande ?

La question revient tout le temps, et les réponses qu'on trouve sont souvent trop vagues. Voici ma ventilation réelle, sur mon deuxième voyage, en solo, en saison intermédiaire (fin mai).

Quel budget prévoir pour 10 jours en Islande ?
Poste de dépense Montant solo (10 jours) Commentaire
Voiture de location (SUV compact) 680 € Réservée 4 mois à l'avance
Essence 310 € Le poste que tout le monde sous-estime
Auberges et guesthouses 740 € Chambre partagée, 6-9 lits
Nourriture 460 € Courses en supermarché + 3 restos
Excursions guidées 380 € Glacier, lagune, une grotte de glace
Divers (parkings, piscines, imprévus) 170 € Les parkings payants se multiplient

Total : environ 2 740 €. Sans les vols. Avec un vol depuis Paris ou Bruxelles, comptez 250 à 500 € selon la période et l'anticipation.

Deux leviers font vraiment baisser la note. Le camping divise le poste hébergement par trois, mais uniquement de juin à début septembre, et il faut accepter les douches payantes et les nuits à 6 °C. Le deuxième levier, c'est de voyager à deux : la voiture et l'essence se partagent, et ça change tout. Sauf que vous partez seul. Donc prévoyez le budget haut.

Pour comparaison, mon premier voyage m'avait coûté 2 740 € sur dix jours en faisant moins d'excursions. La différence : j'avais loué une voiture trop grosse et dormi dans des hôtels deux fois plus chers à Reykjavík.

Quelle est la pire période pour aller en Islande ?

Novembre. Je pèse mes mots.

Quelle est la pire période pour aller en Islande ?

Ce mois cumule tous les inconvénients sans offrir les compensations de l'hiver profond. Les routes F des Highlands sont fermées, la lumière naturelle se réduit à cinq ou six heures par jour, et la neige n'est pas encore assez installée pour les activités hivernales. Vous roulez dans le noir, sous la pluie, sur des routes verglacées, pour voir des paysages que vous devinez à peine.

La première quinzaine de mars arrive en deuxième position. Les jours rallongent, oui, mais les tempêtes de fin d'hiver bloquent régulièrement les cols de l'Est.

Alors, été ou hiver ?

L'été (juin à août) offre le soleil de minuit et l'accès complet au pays. Le revers : les prix montent de 30 à 50 %, les sites majeurs sont bondés, et il faut réserver son hébergement plusieurs mois à l'avance. En solo, ce n'est pas dramatique pour une chambre d'auberge — ça le devient si vous visez une location entière.

Les saisons intermédiaires, mai et septembre, restent mon choix personnel. Moins de monde, tarifs corrects, et les routes principales sont ouvertes. En septembre, on commence même à apercevoir des aurores boréales.

Est-il possible de visiter l'Islande sans voiture ?

Oui, mais pas partout. Et il faut être honnête sur ce qu'on perd.

Est-il possible de visiter l'Islande sans voiture ?

Le réseau public Straeto couvre le Ring Road et relie les principales villes. Le trajet Reykjavík-Akureyri existe, les bus circulent, et un pass permet de voyager plusieurs jours. Le problème n'est pas le réseau, c'est la fréquence. Un bus par jour dans certains secteurs, parfois aux mêmes heures que tout le reste.

Concrètement, sans voiture, vous êtes limité à trois stratégies :

  • Des excursions guidées au départ de Reykjavík — Cercle d'Or, côte sud, lagune glaciaire. Efficace, mais vous payez chaque trajet séparément et vous rentrez le soir.
  • Des bus longue distance + nuits relais — plus économique, plus lent, et il faut accepter de passer à côté des spots isolés.
  • Un circuit organisé en petit groupe — chers (comptez 2 500 à 3 500 € pour 8 jours), mais tout est réglé. C'est le compromis que choisissent beaucoup de voyageurs solo qui ne conduisent pas.

Ce qu'on perd, dans tous les cas : l'arrêt imprévu au bord de la route parce que la lumière est parfaite. C'est précisément ce que je cherche en voyageant seul. Vous ferez votre propre calcul.

Sécurité en solo : le protocole que j'applique

L'Islande est l'un des pays les plus sûrs du monde. Ce n'est pas le danger humain qui pose problème, c'est l'environnement. Et en solo, une erreur ne se rattrape pas à deux.

Quelques règles que je ne contourne plus, jamais :

  • Je partage ma position en direct avec deux personnes, via une application qui fonctionne hors ligne et envoie ma dernière localisation connue.
  • Je vérifie vedur.is et road.is chaque matin, sans exception. La météo islandaise change en deux heures.
  • Le 112 est le numéro d'urgence unique. Il fonctionne depuis n'importe quel téléphone, mais pas sans réseau.
  • Dans les Highlands et sur certaines pistes de l'intérieur, je considère que je n'ai aucun signal. Je le dis à quelqu'un avant de partir, avec mon heure de retour estimée.
  • Je ne traverse jamais un gué seul. Jamais. La profondeur change après chaque pluie.

Un détail auquel je ne pensais pas au début : les stations-service se raréfient dans le nord-est et les fjords de l'Est. J'ai fait 180 km sans croiser une pompe, avec la jauge à un quart. Depuis, je fais le plein dès que j'atteins la moitié.

Combien de jours sont nécessaires pour visiter l'Islande ?

Pour un premier voyage, 10 jours est le seuil minimum si vous voulez faire le tour complet sans passer votre temps au volant. En dessous de 7 jours, vous ne verrez que la côte sud et le Cercle d'Or — ce qui reste une excellente découverte, mais ce n'est pas l'Islande entière.

Pour ajouter les Highlands et les routes F, comptez 15 jours. En dessous, vous survolez tout et vous ne retenez rien. C'est exactement l'erreur de mon premier itinéraire : j'avais voulu tout caser en huit jours. J'en suis revenu épuisé, avec le souvenir flou d'avoir vu beaucoup de choses en courant.

Ce que dix jours seul en Islande m'ont laissé

Le moment dont je me souviens le mieux ne figure sur aucun itinéraire. C'est un arrêt non prévu sur une route de gravier des fjords de l'Est, parce qu'un renard polaire traversait devant la voiture. Je suis resté vingt minutes immobile, moteur éteint. Personne pour me dire qu'on était en retard.

C'est ça, le voyage solo ici. Pas l'héroïsme, pas la performance. Juste le droit de ne rien planifier pendant une heure, au milieu de nulle part.

Si vous devez retenir un seul chiffre de tout ça, prenez celui-là : prévoyez 400 € de plus que ce que vous estimez. Non pas pour le luxe, mais pour la météo. Un vol intérieur annulé, une nuit d'hôtel imprévue, une excursion reportée — l'Islande a toujours un imprévu en réserve. Et en solo, c'est vous qui payez. Autant être prêt.

Mathilde Perrin

Mathilde Perrin

Mathilde Perrin est une autrice et conférencière spécialisée en écotourisme et en randonnée. À travers ses récits de voyage et ses guides pratiques, elle invite les lecteurs à découvrir la nature autrement, en mettant l’accent sur la préservation des écosystèmes et le respect des cultures locales. Son approche allie conseils concrets et sensibilité écologique, pour des aventures à la fois enrichissantes et responsables.

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